16/02/2011

1994 - radios privées: la Communauté 'française' sectaire...

Dumont Jean-François, Les radios privées sont à nouveau légales, LB 06/01/1994

 

Avec une discrétion troublante, le gouvernement de la Communauté française pre­nait le 29 décembre dernier des décisions concernant les radios privées. 

Reconnaissances et fréquences ont ainsi été réat­tribuées à quelque 220 d'entre elles.  Mais le vide juridique et l'illégalité subsisteront pour d'autres et ce, au moins jusqu'en mars.

 

EN TROIS PHASES

 

Il était devenu plus qu'ur­gent de prendre des décisions dans ce dossier: en Commu­nauté française, seules trois radios privées (Radio Frater­nité à Quaregnon, Radio FM Andenne et Radio Libellule à Comines) disposaient encore la semaine dernière d'un titre de reconnaissance, toutes les autres étant donc dans l'illégalité.

 

Il appartient à la Commu­nauté de délivrer les reconnais­sances mais aussi, désormais, les fréquences d'émission, une compétence jadis « nationale ». Après avis du Conseil supé­rieur de l'audiovisuel (CSA) dont le dernier était rendu le 2 décembre (voir LLB du 3/12), l'exécutif communautaire déci­dait de régulariser tout cela en trois phases.  On reconnaîtrait d'abord les émetteurs qui avaient déjà bénéficié d'une reconnaissance, ensuite les autres demandes seraient exa­minées en fonction des fré­quences encore disponibles; en­fin, les dispositions décrétales sur les radios privées seraient modifiées pour y intégrer la notion de « réseaux,) tels qu'ils existent bel et bien.

Cette actualisation du décret sera l'occasion d'une grande - remise à plat » de tout le pay­sage radiophonique privé: re­nouvellement de toutes les re­connaissances admissibles, re­distribution de fréquences fiables sur base d'un tout nou­veau plan, redéfinitions des di­verses catégories de radios et de qui peut faire quoi en ma tièré de publicité commerciale.

Pourquoi un nouveau plan de fréquences ? « On s'aperçoit que techniquement, le plan ac­tuel, qui date de septembre 92, ne tient pas, explique-t-on au cabinet du ministre Di Rupo. Avec les montées en puissance auxquelles toutes les radios se sont livrées,il y a inévitablement des problèmes soit avec la Communauté Flamande, soit avec les voisins français... »

 

QUATRE RESEAUX?

La grande remise à zéro des compteurs n'est pourtant pas pour tout de suite.  Au mieux, dans un an... D'ici là, les jeux d'influence politique iront bon train pour placer « ses » émet­teurs - en tout cas ses amis -, et le nombre définitif de grands réseaux (trois ou quatre) dé­pendra sans doute pour beau­coup des familles à contenter.  Ces réseaux seront attribués sur appel d'offres, avec cahier de charges précis, et il est ac­quis que les opérateurs de la Communauté française bénéfi­cieront d'un a priori favorable: On comprend alors, pourquoi « Chérie FM » à capitaux 100 pc français cherche activement un partenariat belge...

On n'en est pas encore là, et les décisions de la semaine der­nièré ne concernent que la pre­mière phase des opérations.  Les 220 radios à nouveau re­connues ne le sont que jusqu’à la rénovation du décret et pour quatre ans maximum.  Cer­taine's d'entre elles ont reçu par dérogation une puissance su­périeure au plafond autorisé d'1 Kw, d'autres ont dû changer de fréquence tandis qu'un ar­rêté prévoit la possibilité d'émettre en stéréo.

Le cas des autres demandes, souvent de radios qui ne furent jamais autorisées, va mainte­nant être examiné en CSA.  Une dizaine de dossiers seraient acceptables mais ils ne seront pas tranchés avant mars.  D'ici là, il restera donc quelques pirates sur la bande FM, si les services du contrôle du spectre ferment les yeux et les oreilles...

 

14:24 Écrit par Johan Viroux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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